Le pèlerinage à sainte Valérie

 

L'abside appartient sans conteste au type d'église de pèlerinage, quoique son exiguïté rende l'interprétation plus modique encore qu'à Beaulieu. Les tribunes n'ouvrent sur le sanctuaire que par quatre petites baies cintrées, isolées à la verticale des colonnes du rez-de-chaussée. Elles sont très basses, à peine utilisable en pratique et ne peuvent fournir aucune lumière, leur rôle unique étant d'épauler par un quart de cercle la voûte centrale qui 'a pas de fenêtres hautes.

 

A la base du cul-de-four court en demi-cercle un cordon biseauté assez irrégulier, qui s'arrête à l'Ouest un peu au-dessus des tailloirs du doubleau.

 

Le déambulatoire a des voûtes d'arêtes de plan trapézoïdales, tracées sans précision, sur doubleaux plein cintre. Les trois chapelles se touchent, ce qui est peu fréquent à l'époque romane mais en rapport avec le resserement du plan.

 

Les abisidioles arrondies et de plan faiblement outrepassé sont voûtées en cul-de-four sans décor mural. Chacune n'a qu'une seule fenêtre en plein cintre à mouluration limousine.

 

(Source - Limousin Roman / Editions Zodiaque)

L'architecture de l'abbaye de Chambon sur Voueize

 

Le plan de cette église, une des plus vastes du Limousin, est caractérisé par une nef très allongée précédée d'un clocher-porche, un transept fortement débordant qui n'a conservé qu'au croisillon Sud deux absidioles juxtaposées, un choeur réduit à l'abside semi-circulaire avec déambulatoire et trois chapelles contigües. A partir des deux dernières travées de la nef, une brisure de l'axe infléchit vers le Nord la portion orientale de l'église, tandis que le vaisseau central, encadré de supports massifs, s'élargit au détriment des collatéraux et rejoint le transpet par un tracé irrégulier.

 

Cette anomalie fait pressentir d'importantes différences de structure. Chambon n'offre pas la multitude d'aspects de Saint-Léonard, tout en réunissant deux et même trois partis constructifs, dont il est peut être difficile encore d'évaluer les rapports dans le temps.

Le monument doit à cet assemblage son originalité, que la situation géographique, aux lisières Nord-Est de la province, nuance d'un accent particulier.

 

Du porche gothique, on se trouve dans une longue nef de neuf travées, relativement étroite. Une haute arcade en plein cintre la resserre à l'Est de la septième travées, accentuant son élan et délimitant deux campagnes.

 

Dans les sept premières travées les piles sont rapprochées, des arcades en plein cintre à rouleau unique, des bas-côtés plus spacieux que d'ordinaire, des fenêtres éclairant directement la nef au sommet des murs nus. Ce dernier trait éloigne décidément des solutions coutumières que l'on retrouve en Limousin.

 

Quand on monte dans les combles, on a la surprise de trouver intact la charpente du XVème siècle. La fausse voute ne date que de 1852. Si cette voûte disparaissait l'on retrouverait exactement le même physionomie restituée à Evaux-les-Bains. Aucun de ces deux édifices voisins et similaires n'étaient prévus pour être voûtés. Les collatéraux ne sauraient jouer un rôle efficace de contrebuttement, les piliers sont top sveltes, les murs trop peu épais et insufisamment épaulés. Des tirants en fer viennent maintenir aujourd'hui la structure.

Des colonnes , aux faces latérales des piliers et aux murs goutterots, peuvent toutefois faire supposer que des arcs en pierre soutenaient les charpentes : les chapiteaux placés aujourd'hui sous la voûte centrale semblent trop bas par rapport aux fenêtres pour avoir reçu directement les entraits.

 

La première travée a été remaniée lors de la construction du clocher. Partout ailleurs la facture est homogène, empreinte d'une extrême sobriété. Les bases, presque toutes noyées dans le dallage de l'église, n'émergent que vers l'Est, en tambours cylindriques sur des disques très aplaties comme à Evaux.

 

Les dernières travées orientales sont couvertes d'un berceau plein cintre sans fenêtres, flanquées de collatéraux voûtés en quart de cercle. Les bas-côtés se réduisent à un passage en plein cintre, entre les grosses piles de l'Ouest et un pilastre mural.

 

La première travée de chaque croisillon du transept est voûtée en berceau plein cintre, sans cordons. Les entrées du déambulatoire, en pelin cintre à double rouleau, sont encadrées de demi-colonnes appuyées sur le mur goutterot.

 

La présence de deux absidioles orientées au croisillon Sud est exceptionnelle en Limousin, elle fait penser au grand transept de Cluny et à Saint-Benoît-sur-Loire.  Le croisillon Nord quant à lui a été rebâti au XIIIème siècle.

 

 

Le porche du XIIIème siècle est carré, ouvert sur trois côtés, voûtés d'ogives. Le portail a six voussures, garnies de boudins, et de colonnes à chapitaux ornés de masques et de crosses formant frise qui se continue sur les piliers. La tour de l'horloge a deux étages au-dessus du porche. Le premier est percé d'étroites meurtrières, le deuxième a sur chaque face, deux fenêtres géminées sous un arc brisé. Une charpente saillante couronne ce donjon.

 

Le clocher central, carré, comprend une souche posée à l'Est sur la voûte, au milieu de la travée, et deux étages ; le premier est décoré d'arcatures aveugles, le deuxième éclairé dans chaque face par de hautes baies géminées. Il est couronné par un toit couvert en bardeaux formé de deux troncs de pyramide superposés que domine un lanternon.

 

(Source - Les Eglises de France CREUSE Letouzey et Ané)

Le buste reliquaire de sainte Valérie

 

Il est exposé dans l’église Sainte-Valérie de Chambon-sur-Voueize. Il a entièrement été réalisé en argent et se compose d’une tête, représentant la sainte martyre et d’un socle formant les épaules et le cou. La partie basse est surélevée au moyen de quatre pieds formés de petits cavaliers qui s’emboîtaient peut-être dans une base aujourd’hui disparue.

 

Une étude des années 1970 de l’érudit Dr Eybert a permis d’identifier les différents éléments dedécor qui ornent le collier du bustereliquaire.D’après lui, le collier aurait été exécuté très précisément entre1368 et 1378, dates respectives de la naissance du roi de France Charles VI et de la mort de la reine Jeanne de Bourbon dont les blasons figurent sur le collier.

 

Le reliquaire en lui même, présentant des similitudes dans la technique et dans le décor avec le collier, semble dater de lamême époque. La tête et le buste ont été volontairement fabriqués en deux parties distinctes pour matérialiser le martyre de sainte Valérie qui fut décapitée. La tête comporte ainsi à sa base une coupure visible de l’extérieur et peut être dissociée du cou. Ces deux éléments sont fixés par une tige filetée ancienne, probablement d’origine, se vissant dans une pièce de bois circulaire. La partie haute du crâne est mobile, ce qui permettait d’introduire la relique à l’intérieur du chef. Neuf feuilles en argent repoussé constituent le reliquaire. Une couronne et un collier, également en argent, ornent la chevelure et le décolleté de la sainte.

 

Tout comme la robe et la chevelure, ils sont dorés au mercure.La couronne présente plusieurs éléments décoratifs rapportés, fixés très régulièrement sur tout le pourtour. Une sardoine antique montée en bâte est gravée d’un personnage et d’un animal. De part et d’autre de cette pierre fixée au milieu de la couronne s’échelonnent des fleurs d’argent à quatre pétales. Le collier se divise en deux parties égales et mobiles. Sur un fond uni il présente un rebord torsadé comme sur la couronne. Huit pierres taillées en cabochon montées en bâte alternent avec seize fleurettes en argent doré et six écussons émaillés.

 

De part et d’autre de la charnière antérieure on peut voir des cristaux de forme carrée, des pierres ovales etune agate, un cristal de roche, peutêtre du corail et un cristal de roche avec une sorte de topaze de couleur brun doré. Les cinq écus représentant des armoiries sont en émail champlevé. Ces blasons ont été identifiés comme étant ceux de Charles V, du Dauphin futur Charles VI, de la reine Jeanne de Bourbon, de Louis II de Bourbon, frère de la reine et de Jeande la Marche, cousin de la reine. Le sixième écu, en émail translucide, est décoré d’une Vierge à l’Enfant.

À ce collier sont fixées quatre pendeloques, trois antérieures et une à
l’arrière. La présence de petits crochets sur la bordure atteste qu’il en existait quatre autres à l’origine. La pendeloque centrale est en forme de médaillon circulaire et constitue un très beau bijou. Il s’ancre dans la tradition du bijou médiéval par ses matériaux et par son montage.


Le visage de sainte Valérie est entouré d’une chevelure épaisse dégageant le bas de la nuque. Un travail minutieux de ciselure donne à l’ensemble des cheveux un aspect ondulé et bouclé. Une étude de Barbara Drake Boehm, conservatrice au Metropolitan Museum of Art de New-York, compare le visage du buste-reliquaire de Chambon-sur-
Voueize à deux autres statues datées du XVe siècle : l’une  représentant également sainte Valérie est conservée au musée du Louvre, l’autre est la figure d’une sainte non identifiée conservée au musée de Guéret. Les trois visages sont similaires : des joues rondes, les yeux en amande, un petit menton saillant, un port de tête altier. De plus, ces trois représentations féminines ont le même décolleté de robe, très typique des costumes féminins portés du XIIe au XIVe siècle.


En 1911 une réplique du buste-reliquaire de sainte Valérie est  exécutée pour l’église Saint-Michel-des-Lions à Limoges. De grandes similitudes apparaissent entre les deux objets : emploi du même revêtement doré pour le traitement de la robe, des cheveux et des deux bijoux et même parti décoratif pour l’ornementation de la couronne et du collier. Cependant, la comparaison s’arrête ici : le buste reliquaire de Saint-Michel-des-Lions présente des différences importantes dans la technique d’exécution, le style et la structure.

 

 

(Source - Dossier de protection monuments historiques,CRMH, DRAC du Limousin)

L'anneau de sainte Valérie

 

Selon le chroniqueur Geoffroy de Vigeois, moine de Saint-Martial de Limoges, peu après le partage de l’empire entre les fils d’Henri II, Richard Coeur de Lion est intronisé comme duc d’Aquitaine à Saint-Hilaire de Poitiers, puis à Limoges, où il reçoit l’anneau de sainte Valérie, symbolisant l’alliance mystique du jeune prince avec le duché, à travers le culte de la sainte protomartyre de Gaule.

 

Outre le problème de datation que pose ce texte, entre 1171 et 1172, il est le premier document à évoquer l’existence d’un anneau de sainte Valérie et la coutume d’une intronisation ducale à Limoges. Selon Bernadette Barrière, cette cérémonie aurait été organisée par Aliénor d’Aquitaine, soucieuse d’asseoir au mieux l’autorité de son fils dans cette partie du duché qu’agitait une aristocratie ombrageuse. Contrairement à la couronne qui constituait un objet symbolique « neutre » du rituel d’investiture, l’anneau de Valérie personnalisait l’union du prince avec son duché.

Cette cérémonie doit être replacée dans le contexte d’un renouveau de la vénération pour la sainte à la suite de la célébration, en 1161, d’une cérémonie sur le lieu de son martyre. La charge émotionnelle de l’intronisation de 1171 était donc très forte, sans doute à l’image du développement que connaît le culte de ses reliques dans les années 1160-1170, telle qu’en témoigne la large diffusion des châsses émaillées dans l’ensemble de l’empire Plantagenêt.

 

L’union du duc et de la sainte avait une forte signification politique dans la mesure où Léocade, le père de Valérie, était considéré comme le premier duc d’Aquitaine, une dignité dont avait hérité Valérie. L’union symbolique de Richard avec la sainte, reflet de celle d’Aliénor et d’Henri II, conférait ainsi à l’autorité du jeune duc une légitimation sacralisée. L’attachement personnel explique au moins en partie pourquoi Richard refuse de prêter hommage à son frère aîné en 1183 et de céder le duché à Jean en 1189. Plutôt que de le considérer comme une « avidité » du pouvoir, il faut le regarder comme une conséquence de la construction sacrale et mémorielle qu’Henri II et ses fils ont développé vis-à-vis de chacun des territoires de leur empire,  dans La cour Plantagenêt.

 

 

En 1189, lorsqu’il succède à l’ensemble de l’héritage paternel, Richard doit inventer ses propres rapports mémoriels et sacrés aux autres territoires de son empire. Plutôt que de suivre la voie de son père en enracinant son autorité dans chaque territoire, il reprend et développe le culte d’un personnage dont le mythe n’a cessé de s’amplifier sous le règne d’Henri II et dont il va véritablement faire l’emblème de son règne : le roi Arthur.

 

(Source - "Circulation du pouvoir et représentation de l’empire sous les Plantagenêt Les enjeux politiques des itinéraires royaux (1154-1216)" / Université PARIS).

Il apparaît donc très clairement qu'au XIIème siècle à Limoges, le personnage de Valérie appartient au monde des mythes fondateurs de la christiannisation aquitaine, en étroite association avec celui de saint Martial. Toutes les sources d'information sont convergentes à cet égard. Les vitae, les miracles, les sermons, les textes liturgiques, ainsi que la cérémonie de 1161 et ses suites, témoignent de la place essentielle occupée par sainte Valérie dans la vie religieuse et le sanctoral du diocèse. De ce fait, et cependant que l'autorité épiscopale se réclame de Martial l'apôtre, le pouvoir laïc peut se réclamer, si nécessaire, d'une Valérie parée d'une origine illustre en même temps que de l'auréole du martyre, et sans doute ne faut-il pas alors s'étonner de ce que l'évêque et son chapitre qu'Aliénor d'Aquitaine avait évidemment sollicités de parfaire l'investiture ducale en la cathédrale Saint-Etienne de Limoges, aient proposé que celle-ci s'effectue en référence avec la "protomartyre des Gaules". Il restait à trouver l'objet qui, après la lance et l'étendard remis au jeune duc à Poitiers, constituerait le symbole le plus évocateur : c'est alors qu'on eut sans doute l'idée de l'anneau de sainte Valérie.
 

(Source - Valérie & Thomas Becket, de l'influence des princes Plantagenêts dans l'Oeuvre de Limoges / Musée de l'Evêché Limoges)

Abbaye de Chambon-sur-Voueize

L'Abbatiale Sainte-Valérie, à Chambon-sur-Voueize en Creuse, est l'un des plus importants édifices de style roman du Limousin avec ses 87 mètres de longueur et son transept de 38 mètres de large.

 

Elle est flanquée de deux clochers. Le premier, appelé " Tour des Bourgeois " du XIIIème au-dessus d'un porche quadrangulaire, le second, restauré au XVème, appelé " Tour du Chartrier " car elle servait au rangement des chartes et manuscrits du monastère. En 857, les moines de l'Abbaye Saint-Martial de Limoges fondent un monastère à Chambon-sur Voueize pour mettre à l'abri des incursions normandes les reliques de sainte Valérie.

 

 

 

La construction de l'abbaye de Chambon sur Voueize

La légende de sainte Valérie fut très populaire en Limousin. Elle procède des récits dont s'est étoffée peu à peu la biographie de saint Martial, récits qui prirent forme au Xème siècle. Valérie serait la fille du "duc" Leocadius, et de ce fait héritière de vastes territoires entre Loire et Garonne. Elle est convertie par Martial, meurt en martyre et fut ensevelie au près de l'apôtre.

 

L'abbaye de Saint-Martial de Limoges, vers la fin du Xème siècle, fonda un prieuré au confluent de la Tardes et de la Voueize, dans la région qui devait former, plus tard, la Combraille. On y transporta la plus grande partie des reliques de sainte Valérie, jusqu'alors conservées à Limoges à côté de celles de saint Martial. Le nouveau monastère, autour duquel se fonda une agglomération, devint vite une importante prévôté à laquelle nommait l'abbé de Saint-Martial.

 

Elle fut mise en commende en 1597 et unie à la congrégation de Cluny en 1708. Le chartrier de Chambon a été brûlé pendant la Révolution et il n'y a pas de documents qui renseignent sur les phases de construction de l'église, commencée à la fin du XIème siècle. Elle fut pillée et mutilée aux XVè et XVIè siècle avant d'être remaniée au milieu du XIXè. vers 1852, la nef fut couverte d'une voûte d'arêtes ; la charpente à entraits et poinçons moulurés du XVème siècle subsiste encore.

(Source - Les Eglises de France CREUSE Letouzey et Ané)

 

L'abbaye posséda divers petits prieurés et groupa presque constamment plusieurs dizaine de moines, affirmant son indépendance à mesure que Saint-Martial déclinait. Les dimensions de l'église commencée vraisemblablement dans le cours du XIème siècle attestent la réputation prise par le culte de sainte Valérie et des ressources dont disposa le monastère.

 

 

             The abbey Sainte-Valérie at Chambon-sur-Voueize in Creuse, is one of the most important romanesque church of the Limousin with its 87 meters long and transept of 38 meters wide. It is flanked by two bell towers. The first, called " Tour des Bourgeois " built in the thirteenth over a square porche and the second, restored in the fifteenth, called " Tour du Chartrier " because it was used storage charters and manuscripts of the monastery.

 

In 857, the monks of the abbey of Saint-Martial in Limoges, founded a monastery at Chambon-sur-Voueize to protects from Norman incursions, the relics of Sainte-Valerie. Towards 985, they build a chapel for them. The church was built later and will be attached to the order of Cluny. It was plundered and mutilated in the fifteenth and sixteenth century before being rebuilt in the middle of the nineteenth.

Châsse sainte Valerie 1170 - BRITISH MUSEUM

Les châsses reliquaires de sainte Valérie

 

La production exceptionnelle d'orfèvrerie émaillée, entre le XIIème et XIIIème siècle, des ateliers de Limoges aura pour l'un de ses principaux thèmes l'illustration du martyre de sainte Valérie.  Seule aujourd'hui est conservée une pyxide témoignage in situ de cette production émaillée.

CHASSE EN EMAIL CHAMPLEVE de DORMEUIL

 

. La châsse de la collection Dormeuil de 1220 fait partie d'un groupe de petites châsses d'un style et d'une iconographie proches dont on connaît des exemplaires toujours en Limousin notamment à Meilhac (Haute-Vienne), Masseret (Corrèze) et  Salins (Cantal), et au musée du Louvre,  exposée à l'Exposition Universelle en 1900 et plus recemment à Paris et New York en 1995-96.

 

Comme sur la châsse du Louvre, le flanc illustre l'épisode du miracle du meurtre de la sainte; sur un fond d'émail bleu lapis, semé de rosaces polychromes, et traversé d'une bande turquoise, les personnages sont gravés en réserve sur le cuivre doré. Sur le rampant du toit, sainte Valérie est martyrisée par deux bourreaux munis d'une épée, l'un la tire par les cheveux, l'autre s'apprêtant à la décapiter. Sainte Valerie est agenouillée et porte sa tête à saint Martial, devant l'autel dans la cathédrale de Limoges; un bourreau brandit son épée derrière la sainte. Il est intéressant de noter que la main de Dieu apparait deux fois dans cette scène: au dessus de la sainte Valerie décapitée et une deuxième fois au dessus du calice posé sur l'autel. Sur les pignons figurent les apôtres, probablement saint Jean portant un livre et saint Pierre désigné par une grande clé.

 

Valérie est une sainte locale de la région du Limousin où elle était notamment admirée au XIIème siècle parmi les plus grands martyres. Fiancée au duc Etienne, Valérie habitait à Limoges sous l'empereur Romain Caligula. De religion chrétienne, elle avait fait vœu de chasteté pour se livrer à une vie contemplative, et après qu'elle ait refusé de se marier, le Duc Etienneordonna sa décapitation. La légende raconte qu'elle aurait pris sa tête dans ses mains pour la porter à l'autel où saint Martial célébrait la messe. 

 

 

 A CHAMPLEVE ENAMEL CHASSE WITH THE MARTYRDOM OF ST. VALERIE - FRENCH, LIMOGES, CIRCA 1220-1230

This châsse is one of a small group of reliquary caskets dedicated to St. Valerie of which there are examples still in the Limousin, in Meilhac (Haut Vienne) Masseret (Correze) and Salins (Cantal) and another in the Louvre ( inv. no. OA 774), which was included in the Exposition Universelle in 1900 (no. 2458) and more recently in the Paris and New York L'Oeuvre de Limoges exhibition catalogue.

 

As is the case with the Louvre châsse, the front illustrates the miracle of the martyrdom of St. Valerie against a blue lapis ground with polychrome roundels and centred by a turquoise band, the figures are engraved in gilt copper. The roof depicts St. Valerie flanked by two armed assailants, one to the left pulling her hair and one to the right raising his sword to decapitate her. The kneeling St. Valerie holds out her head to St. Martial before the altar in the Cathedral of Limoges. Interestingly the hand of God appears twice in this panel, once above the chalice on the altar and a second time above St Valerie's headless body. The sides of the chasse show  two apostles, one, probably St. John, holding a book, the other St. Peter with his key.

 

Valerie was an early Christian martyr who was a native of Limoges during the reign of the Roman Emperor Caligula.  Engaged to Duke Stephen, Valerie was raised a Christian and made a vow of chastity in order to live as a contemplative nun; upon her refusal to marry, her fiancé ordered her decapitation. Legend recounts that she carried her head in her hands to the altar where St. Martial was celebrating mass.