La construction de la collégiale de Saint-Junien

La coupole centrale de la collégiale était autrefois surmontée d’une flèche en pierre, culminant à une hauteur de 50 mètres. Elle comprenait un premier étage octogonal percé de baies qui éclairaient la croisée du transept, un second étage, puis un troisième percé d’ouvertures, qui abritait les cloches.

Ce clocher s’écroule le 19 mars 1816. Les travaux de reconstruction modifient sa structure en reconstruisant une flèche moins élevée, ils sont achevés au cours de l’année 1817. Le 15 décembre 1922, les piliers de ce nouveau clocher cèdent et entraînent le dôme et la flèche sur les premières travées du chœur. La collégiale est alors partiellement détruite. La population par l’intermédiaire de l’association les Amis de Saint-Junien, se mobilise alors pour financer avec l’Etat et la commune, les travaux de reconstruction qui se poursuivent jusqu’en 1937. 

(Source - site Ville de Saint-Junien)

La nef de l'église est évidemment la partie la plus ancienne. Les piliers, massifs, armés, reposant sur de larges stylobates, flanqués d'une colonne sur la face principale, et dépourvus de toute autre ornementation ; les voûtes en berceau , renforcées d'arcs-doubleaux épais ; les deux arcades qui séparent la nef des bas-côtés, très larges et surbaissées, dans les murs collatéraux, les baies accouplées en plein cintre, tout, dans cette partie de l'édifice, porte les caractères du style roman primitif : il suffit d'un coup d'oeil pour s'assurer que la nef a des caractères architectoniques plus anciens que ceux du transept et du choeur, lesquels ont été positivement construits à la fin du XIème siècle.

Le transept et les trois premières travées du choeur, avec la coupole surmontée de la tour au toit conique qui élève au point d'intersection de La Croix, datent positivement de la fin du XIème siècle. C'est après la construction de cette partie de l'édifice que l'église de Saint-Junien fut consacrée le 21 octobre 1100 par Raynaud évêque de Périgueux.

(Source - Arbellot Eglise de Saint-Junien BNF)

Le décor sculpté de la collégiale de Saint-Junien

L’iconographie des chapiteaux historiés ornant les piliers de la croisée du transept et du chœur est également intéressante. L’influence persane et orientale est manifeste dans les animaux affrontés, les petits personnages trapus à figure ovale et à bonnet pointu, les feuilles d’acanthe.

Les reproductions des griffons affrontés sont parmi les meilleurs par le travail et le relief. Les chapiteaux représentants des Centaures et Chimères et Samson terrassant le lion sont d’une facture plus grossière et se réfèrent ainsi que le serpent à tête humaine (basilic) aux Bestiaires de cette époque. Les dernières travées de l’ancien chœur, à l’intérieur des arcs, sont ornées d’une série de chapiteaux à rinceaux et à palmettes ; ils forment un ensemble très décoratif. 

(Source - site internet Ville de Saint-Junien)

Les chapiteaux romans de Saint- Junien. — La sculpture du XIIème siècle n'abonde pas dans les églises du Haut- Limousin ; le matériau local, un granit particulièrement rebelle au ciseau, avait de quoi rebuter les sculpteurs. Les chapiteaux de la collégiale de Saint- Junien constituent, en dépit de l'écroulement de 1922 qui en anéantit trois, l'ensemble le plus important et le plus homogène de la région. Mme Cloulas en reprend l'étude après A. de Laborderie, René Fage et Mlle de Catheu.

Dans un inventaire systématique malheureusement l'illustration retenue par l'éditeur reste sélective. L'auteur recense douze chapiteaux de feuillages, sept corbeilles décorées de monstres (centaures, félins fantastiques, griffons) enfin plusieurs chapiteaux figurés portant des athlètes, des lutteurs, des Atlantes. Aucun programme narratif, aucune intention symboliste n'a commandé la répartition des sujets. Les thèmes iconographiques d'origine orientale ont été entendus comme de simples motifs décoratifs : Samson fait deux apparitions symétriques sur le même chapiteau, écartelant le lion de part et d'autre d'un fleuron central. Pour Mme Cloulas les sculpteurs empruntèrent quelques modèles à la deuxième Bible de Saint-Martial de Limoges et transcrivirent péniblement les Atlantes merveilleusement enluminés du célèbre manuscrit.

(Source - Annie Cloulas-Brousseau, Les chapiteaux de la collégiale de Saint- Junien, Article Persée)

Les fresques romanes de la collégiale de Saint-Junien
 

L’église a certainement possédé de très importantes fresques polychromes, symbole de l’importance et de la puissance du chapitre des chanoines de Saint-Junien pour le diocèse de Limoges.


Depuis les années 1930, plusieurs morceaux de fresques isolés ont été découverts. En 1981 ont notamment été mises au jour les fresques de la voûte situées dans la première travée de la nef. Celles-ci développent le thème des 24 vieillards de l’apocalypse, une iconographie à mettre en parallèle avec celle du tombeau de Saint-Junien, qui présente le même thème. Des fresques sont encore visibles dans les croisillons nord et sud du transept. Sur le croisillon Nord, il est possible d’observer un Saint-Christophe géant, d’aspect byzantinisant et caractéristique de la fin de l’époque romane. A découvrir aussi l’homme rampant, petit personnage peint sur l’arc d’entrée de la chapelle de ce croisillon.

Sur les voûtes de la chapelle Sainte-Marie située dans le croisillon Sud se trouve représentée la parabole du mauvais riche et du pauvre Lazare. Exécuté en 1260 et redécouvert en 1932, une partie de ce décor peint a aujourd’hui disparu.

A l’intérieur de la Chapelle Saint-Martial qui a un temps abrité ses reliques, une fresque en deux registres présente la vie du Saint : au registre supérieur l’arrivée du saint dans une ville, accompagné de ses disciples ; et au registre inférieur l’ostension des reliques de Saint-Martial, suivies par de nombreux pèlerins venus chercher la guérison.

Ces fresques présentes à Saint-Junien pourraient être attribuées aux peintres de Saint-Savin et Poitiers, mais elles peuvent également être rapprochées des fresques des Salles Lavauguyon (1160-1180), dont l’église avait été donnée aux chanoines de Saint-Junien et est restée en leur possession jusque dans les années 1150.

L’iconographie des chapiteaux historiés ornant les piliers de la croisée du transept et du chœur est également intéressante. L’influence persane et orientale est manifeste dans les animaux affrontés, les petits personnages trapus à figure ovale et à bonnet pointu, les feuilles d’acanthe. Les reproductions des griffons affrontés sont parmi les meilleurs par le travail et le relief. Les chapiteaux représentants des Centaures et Chimères et Samson terrassant le lion sont d’une facture plus grossière et se réfèrent ainsi que le serpent à tête humaine (basilic) aux Bestiaires de cette époque. Les dernières travées de l’ancien chœur, à l’intérieur des arcs, sont ornées d’une série de chapiteaux à rinceaux et à palmettes ; ils forment un ensemble très décoratif. 

(Source - site internet Ville de Saint-Junien)

Le programme iconographique de ce vaste ensemble pictural présente une profonde unité, puisqu'il illustre exclusivement l'essence même de l'Apocalypse de saint Jean. L'axe sommital du berceau de la voûte est occupé en son centre par la représentation très dégradée (ne subsistent en effet que la base et le sommet de la croix, les pattes et une partie de la toison) de l'Agneau Mystique placé dans une mandore ou gloire "J'aperçus un agneau debout ... (Apoc. V6), vers l'Est, et toujours dans l'axe, un ange dont la tête est mutilée mais dont le torse se dégage d'une nuée et dont restent des fragments d'ailes largement déployées : on notera la beauté de la main et des plis du vêtement. 

 

Quatre autres anges, pleins de mouvements légers dans leur élan quelque peu contourné, désignent de leurs bras largement ouverts et le symbole du Messie Rédempteur et la Voûte céleste : "J'ai vu quatre anges postés aux quatre coins de la terre ... je vis encore un autre ange monter d'Orient ; il tenait le sceau de Dieu vivant ..." Apoc. VII).

Au delà de cette fresque de l'Apocalypse on trouve en cette collégiale, celle de l'absidiole sud avec Lazare et le mauvais riche, celle de la chapelle Saint-Martial, celle du mur goutteras septentrional avec saint Christophe, sans compter d'autres fragments comme l'homme rampant par exemple.

En détails, les vieillards du registre supérieur sont plus grands que ceux du registre inférieur et les décors d'architecture formant dais au-dessus d'eux voient alterner voûte en bâtir et voûte plein cintre, dans une grande variété de chapiteaux et tandis que les écoinçons portent des décors de citadelles symboliques évoquant peut-être la Nouvelle-Jérusalem : "L'ange me fit voir la Ville Sainte de Jérusalem ... Elle avait une grande et haute muraille, à douze portes gardées par douze anges ..."

Rompant encore une éventuelle monotonie, alternativement, les personnages regardent vers l'Orient ou l'Occident, tiennent leurs lyres ou leurs vases de parfums de la main gauche ou de la main droite ; changent ainsi la couleur et la disposition des plis des vêtements. Par contre, tous les veinards portent le même bonnet carré en guise de couronne.

 

(Source - Saint-Junien et le Limousin / Ville de Saint-Junien)
 

           The paintings on the vault of the nave of the collegiate church of Saint-Junien were discovered in 1981 but are still relatively unknown. A rare example of wallpainting in a region where very little has sunived, these paintings give an idea of the decoration of a major edifice in the diocèse of Limoges.

 

Their realisation corresponds with a series of decorations that were part of a liturgical programme which redefined the function of the collegiate church. The vault presents a fine example of coherency between style and subject and of the use of plastic techniques to underscore the hierarchy of the themes. The stylistic analysis furnishes new observations on pictorial practices in the limousin at the end of the twelfth century, for which we have little evidence otherwise.

Le tombeau de saint Junien

 

Il est unique en Limousin. Il abrite le sarcophage de saint Junien. Ce magnifique tombeau du 12e siècle, a sûrement été sculpté à l'extérieur du Limousin (Toulouse par exemple) pour y être apporté. Le tombeau, richement sculpté dans le calcaire de La Rochefoucauld, a la forme d’un reliquaire géant, reprenant le thème iconographique du tympan, trois de ses faces sont couvertes de sculptures qui rappellent la fresque de la nef.

 

Un glacis décoré de palmettes aux tiges entrelacées et un bandeau bordé de perles entourent la dalle plate du couvercle. Une pomme de pin surgit au milieu du glacis de la face nord; au sud elle a été brisée, les coins orientaux se révèlent comme des acrotères. Le bandeau de la face est porte l'inscription :

                            HIC'JACET'CORP'SCTI'IUNIANI'IN

                           VASE'IN'QO'PRIUS'POSIYUM'FUIT

 

Au-dessous du même côté, le Christ est assis dans une mandorle godronnée à bord perlé, inscrite dans un rectangle dont les symboles des Evangélistes occupent les écoinçons. Jésus les pieds nus sur un escabeau, bénit de deux doigts levés et tient un livre de sa main gauche. Le visage a été martelé, les cheveux ondulent en vague transversale, le nimbe crucifère est orné comme la "gloire". Un pan du manteau drape la taille et les jambes, l'autre s'enroule autour du coudroit, découvrant la poitrine et le col brodé de la robe et retombe à gauche jusqu'à son genou. Deux bandes verticales encadrent le panneau : chacune, sur fond de rinceaux, montre sept médaillons circulaires avec des bustes d'Anges souriants, les mains ouvertes.

 

Au centre de la face sud, sous une porte cintrée à grosses fermetures, deux Anges en posture contournée soutiennent un disque perlé et godronné où se détache l'Agneau Pascal en avant d'une croix Grecque.

 

Douze vieillards de l'Apocalypse trônent sous des arceaux superposés en deux rangs de part et d'autre, couronnés, ils portent une viole et un sceptre terminé par une boule. Le détail ornemental est extrêment riche : les chapiteaux, les colonnettes, les bandes qui divisent le panneau sont guillochés de dessin divers, de petites architectures surmontent les arcs.

 

La face nord répartit de la même manière douze autres Vieillards, mais au milieu quatre Anges élèvent une "gloire", ceux du haut en renversant leur buste. Dans l'ovale godronné siège la Vierge-Mère : un court sceptre fleuronné dans la main droite, elle maintient contre elle, debout sur son genou gauche, l'Enfant qui passe un bras autour de son cou. Le drapé rappelle celui du Christ-Docteur, mais le pan droit du manteau entoure l'épaule et la tête nimbée ceinte du diadème, les pieds chassés reposent sur un tabouret.

 

(Source - Limousin roman / Editions Zodiaque)

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Le trait le plus frappant de ce somptueux ensemble est la rondeur poussée du relief : blocs saillants sur les fonds, les personnages ont du poids, des proportions un peu ramassées.

 

La Vierge est plus svelte, son attitude comme celle du Christ ne manque ni de douceur ni de majesté. Le costume et la pose des Vieillards sont savamment diversifiés par de légères nuances.

 

La composition du panneau septentrional fait invinciblement penser à un devant d'autel, notamment aux fameux "antependia" catalans peints ou garnis d'applications en stuc. L'influence de l'orfèvrerie est manifeste : les barres droites ressemblent aux armatures en bois couvertes de métal, les menues parures à un travail gaufré, les perles à des cabochons, les godrons sont un motif fréquent sur des plaques de reliures.

 

Le style et l'iconographie sont une synthèse d'éléments multiples, étrangères à la région par son matériau, l'oeuvre ne l'est pas moins par sa technique. Elle évoque tour à tour ou simultanément des procédés toulousains, ceux du Poitou ou même du Bas-Languedoc, la source commune est l'organe de transmission des thèmes restant.

 

(Source - Limousin roman / Editions Zodiaque)

Le monument qu'on appelle le tombeau de saint Junien, et dans lequel est enfermé le sarcophage où sont conservés les ossements du saint, est un monument de l'art roman du plus haut intérêt. Il mérite l'attention des archéologues pour plusieurs raisons : tout d'abord parce qu'il n'existe guère de tombeaux de pierre du XIIème siècle présentant les mêmes dispositions, et ensuite parce que nous n'en connaissons pas en France qui offre de telles proportions et soit aussi bien conservé.

C'est aussi parce qu'il est la reproduction en pierre de ces monuments d'orfèvrerie qui furent extrêmement nombreux pendant la première partie du Moyen Age et qui ont à peu près complètement disparu : toute église quelque peu importante possédait un ou plusieurs autels, garnis sur leur face antérieure, parfois même sur leurs quatre côtés, de plaques d'orfèvrerie ornées de figures en relief. Quelquefois un tombeau était orné de la même façon ; le plus souvent, l'autel et le tombeau se confondaient, puisque c'était la

coutume au Moyen Age d'élever les autels sur les cercueils des saints. Le tombeau de saint Junien offre un exemple particulièrement remarquable d'une telle imitation des ouvrages d'orfèvres. 

Les uns invoquent un texte du Moyen Age en apparence formel : la Chronique d'Etienne Maleu, d'après laquelle le tombeau et ses sculptures dateraient des toutes premières années du xne siècle ; les autres font état du style des belles figures qui décorent trois faces du monument et y voient une œuvre de la fin du même siècle. 

La partie sculptée repose sur un socle débordant à deux ressauts ; le haut du tombeau est fermé par une dalle de pierre présentant un large biseau que décorent d'élégantes palmettes. Deux acrotères se trouvent aux angles de cette dalle sur le biseau du côté oriental et deux autres devaient orner les angles du côté Ouest, aujourd'hui masqués par une couche de plâtre ; coupant la ligne du biseau en son milieu au Nord et au Sud, deux pommes de pin, dont une est intacte et l'autre brisée, complétaient le décor de ce couvercle.

Examinons maintenant les sculptures, et d'abord celles de la face  méridionale du tombeau où se trouve percé Yoculus qui permet de voir cette inscription et le sarcophage :

on observe sous la petite porte une gloire ronde, sur le fond de laquelle est sculptée une croix à branches égales ; en avant de cette croix, est figuré l'Agneau divin. A droite et à

gauche de cette partie centrale, on voit douze vieillards de l'Apocalypse, six de chaque côté, disposés trois par trois sur deux registres superposés. Ils sont assis chacun sous une arcade, entre deux colonnettes, et chacun d'eux tient une vièle et une fiole à parfums.

De l'autre côté, sur la face septentrionale, on voit aussi douze vieillards de l'Apocalypse disposés de même et au milieu d'eux une figure de plus grande dimension occupant toute la hauteur du panneau: celle de la Vierge enfermée dans une gloire ovale ; elle est assise sur un trône, tient de la main gauche l'Enfant placé debout sur son genou, et porte une fleur dans la main droite.

Quatre anges portent cette gloire, sur le rebord de laquelle on lit une nscription composée de deux distiques en vers léonins : 

« La sagesse du père est au cou de la mère ;
Du Christ je suis la mère, et je porte mon père ;

Mère de l'éternel je porte mon auteur,

Et mon sein maternel soutient le Créateur. » 

Ayant examiné les deux grandes faces du tombeau il nous reste à décrire le petit côté qui regarde l'Orient. Il est orné de la figure en haut-relief du Christ en majesté dans une gloire ovale qu'accompagnent les quatre symboles des Evangélistes. L'ensemble de ces figures est compris dans un cadre rectangulaire bordé lui- même, à droite et à gauche, par deux rangées verticales cle sept médaillons. Chacun de ces médaillons est orné d'une figure d'une singulière élégance : c'est un buste d'ange auréolé, ailes repliées, mains ouvertes, émergeant d'un fleuron. 

(Source -Deschamps Paul. Les inscriptions du tombeau de saint Junien et la date de ses sculptures. Article sur Persée)

PLAT DE RELIURE EN IVOIRE

 

Diptyque consulaire de Félix : cet ivoire romain daté de 428, provenant du chapitre de la collégiale de Saint-Junien, ornait le plat de reliure d'un manuscrit du XVe siècle.

 

Si rien ne prouve la présence de feuillets de diptyques similaires, romains ou byzantins, à Limoges dès la fin du premier millénaire, le modèle classicisant de certaines figures enluminées, tel le Saint Thomas du Lectionnaire de Saint-Martial, paraît s'en inspirer.

Ce diptyque est conservé au Cabinet des Médailles de la BNF de Paris. La description du catalogue du Cabinet des Médailles est la suivante : " Le consul est représenté debout, dans une loge des jeux dont les rideaux à l’arrière sont ouverts. Il est vêtu de deux tuniques (tunica palmata par-dessus tunica talaris). Sur celle du dessus, les broderies sont incisées, tandis que la toga contabulata est savamment enroulé autour notamment du cou et des épaules. Il tient, de la main gauche, un sceptre surmonté les bustes des empereurs régnants (Valentinien III et Théodose II). La main droite est levée à hauteur de coeur". 

Cette feuille de diptyque est un monument de premier ordre ; c'est probablement le plus ancien que l'on connaisse avec une date certaine : Flavius Félix n'est connu que par l'inscription de son nom dans les fastes consulaires. Il fut consul pour l'Occident et eut pour collègue Flavius Taurus, consul pour l'Orient, l'an de Rome 1181, de JC 428.

(Source - Saint-Junien en Limousin / Ville de Saint-Junien)

Collégiale de Saint-Junien

Au VIe siècle, cette terre qui se nomme Comodoliac appartient à l'évêque Rorice Ier. Il s'agit alors d'un environnement boisé vide de toute occupation où deux ermites, Amand et Junien, vont choisir de s'installer. Ce n'est qu'à leur mort et notamment celle de Junien que le lieu de culte établi par les évêques de Limoges autour du tombeau des deux saints (sanctuaire rural) provoque le développement urbain de la cité.
Le complexe religieux créé autour du tombeau du saint entraîne l'expansion de l'agglomération en devenant un pôle attractif et économique. À Saint-Junien, ce peuplement semble s'opérer assez tôt puisque le chanoine Maleu qui relate dans sa chronique du début du XIVe siècle l'enterrement du saint en 540 signale que le Prélat Ruricius II l'ensevelit de telle sorte « que cette sépulture ne fut pas confondue avec les sépultures vulgaires... ». Cet évêque Ruricius ou Rorice II propose également aux clercs du sanctuaire de Saint-Martial de Limoges de placer dans son temporel les clercs de Saint-Junien qui forment alors probablement une « communauté de prière ».


En 767 lors de la mise en place des structures des Chapitres Canoniaux par l'évêque de Metz (Chrodegang), ces deux entités de Saint-Junien et Saint-Martial sont bien soumises à la même règle (la Regula vitae communis) inspirée de la règle de saint Augustin et placées sous le contrôle de l'épiscopat. Il s'agit donc déjà d'un corps de chanoines. Cependant, dès la période carolingienne les conciles tentent de limiter l'enrichissement personnel de ces chanoines et de revenir à un respect de la règle. À Limoges, l'évêque s'oppose à la transformation de la basilique en monastère. Cependant, il doit plier face à l'autorité royale mais réussi, avec le trésorier, à soustraire Saint-André de Comodoliac (Saint-Junien) de la propriété de Saint-Martial. Il peut alors se consacrer au pèlerinage de Saint-Junien et y introduire les chanoines qui ont refusé de prendre l'habit monastique.


Ce chapitre de chanoines séculiers sera par la suite placé autour du XIème siècle sous l'autorité d'un prévôt dont le premier est choisi par l'évêque Hilduin et se nomme Israël. Il est investi en 1003 par le pape Sylvestre II et doit mettre en place un chapitre comprenant seize chanoines, un théologale, l'aquilaire, le préceptoral et huit vicaires. Dès lors, les chanoines ne résident plus dans l'abbaye mais possèdent leurs propres habitations. Israël lancera également vers 1010 l'érection d'une nouvelle collégiale sur le sanctuaire préexistant même si l'achèvement et la consécration n'auront lieu qu'en 1100.


Vers 1010, l'évêque qui est également puissance temporelle est en conflit avec les seigneurs alentours et notamment ceux du comté de la Marche. Il tente donc de protéger son patrimoine avec l'aide de Guillaume III le Grand (990-1029) duc d'Aquitaine en construisant un château (le château de Beaujeu).


Cependant, cette défense semble assez sommaire et rien n'indique que la ville elle-même était protégée. Ce n'est, semble-t-il, qu'à la fin du XIIe ou au XIIIe siècle, suite à divers troubles et incursions armées, que la ville se dote d'un rempart avec quatre portes principales.

 

(Source - Bruno ZÉLIE, juin 2014 Bureau EVEHA)

 

 

 

L'origine de Saint-Junien

 

En 593, Grégoire de Tours est frappé par l’importance du pèlerinage sur le tombeau de saint Junien. Une telle affluence provoque rapidement la naissance d’une agglomération autour de l’abbaye construite en l’honneur du saint. Mais le monastère est détruit par les Normands en 866. Après une tentative de restauration autour de l'an 900, l’abbaye vivote jusqu’à sa sécularisation par Sylvestre II en l’an 1000. Les chanoines ne résidant plus dans l’abbaye, ils contribuent à la renaissance de la ville par la construction de leurs habitations. Un prévôt, saint Israël, entreprend de rebâtir l’église, et ses successeurs poursuivent son œuvre jusqu’à sa consécration en 1100. À la fin du XIIIème siècle, à la suite de troubles et d’incursions armées, la cité est entourée de hautes murailles percées de quatre portes principales.

 

Son origine remonte au VIIème siècle, lorsque l'évêque de Limoges, Rorice II, fit construire un oratoire sur le tombeau de l'ermite Junien. Un collège de chanoines fut installé afin d'assurer le culte de Junien. La nef et le transept de ce monument de style roman limousin datent de la fin du XIème siècle ; il a été complété à la fin du XIIème siècle par la façade ; le chevet carré, d'aspect sévère, est du XIIIème siècle. Le clocher central, écroulé en 1922, a été reconstruit. Les principales curiosités à découvrir dans cette collégiale sont le tombeau de saint Junien en calcaire (XIIème siècle), la fresque de la nef représentant les vingt-quatre vieillards de l'Apocalypse (XIIème siècle) et la chapelle Saint-Martial XIIIème siècle).

(Source Wikipédia)

Châsse en émail champlevé du XIIIe siècle

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             A monastery was built as early as the 6th century near Junien’s grave to welcome the crowds of pilgrims who settled down around the abbey. The city of Saint-Junien is mentioned in history as early as the 10th century with its monastery turned into a chapter. The collegiate church was built between the 11th and the 13th centuries and it was the centre of this city which was surrounded by ramparts.

 

The Church of Saint-Junien is one of the biggest and oldest romanesque churches in Limousin. It used to be at the centre of a large ecclesiastical estate (cloisters, Episcopal house) but these no longer exist .  It was built of granite in four stages, from the 11th to the 13th century. The original plan has always been followed , however, it carries the influence of the artistic periods it went through, from the romanesque through to the gothic period .

The beautifully sculpted tomb of Junien was made out of limestone in the 12th century. Three sides of the tomb are covered in sculptures which refer to the fresco of the nave.

An interesting series of multicoloured little statues adorn the columns of the nave and the intersection. Called “The Little Paradise” they date back to the 15th, 16th, 17th and 18th centuries and are made of stone or wood.

 

The Saint-Martial chapel and the burial scene: this chapel was built offered by the priest Formier at the end of the 15th century. The statues of the burial scene were beheaded during the French Revolution except for that of Saint-Jean. Christ is laying on a tomb with the other statues representing the Virgin Mary and Saint-Jean in the centre, three holy women and two carriers: Joseph d’Arimathie and Nicomède.

 

(Source - Tourisme Saint-Junien)

Pour plus d'info ...

Saint-Junien - Étude de géographie urbaine / A. Perrier

Une scène de la « VISION DE SAINT PAUL » à la collégiale de Saint-Junien (Haute-Vienne) / Jean-Pierre SUAU,

Bulletin Monumental - Les chapiteaux romans de Saint-Junien Léon Preyssoure